Apprendre de ses ancêtres

En l’espace de quelques secondes, j’ai vu défiler devant mes yeux ébahis la pile d’essuies de bain, le panier de jouets, la poubelle à langes, les tas de bodys et de pyjamas, les différents sortes de biberons et de tétines,… Bref, toutes ces petits choses qui encombraient depuis des mois l’ensemble de ma maison !

On peut élever six enfants avec très peu de choses et donc bien moins de moyens financiers ?

Quelle surprise ! J’étais juste profondément imprégnée par le marketing surpuissant de la fin du 20ème siècle.

Ma Bonne-Maman a poursuivi en pointant du doigt notre manie, nous les jeunes, d’acheter sans cesse de nouvelles choses.

De son temps, une salle-à-manger servait à trois générations.

Aujourd’hui, sur ma seule génération j’avais déjà changé trois fois de salle-à-manger.

Avant, on allait trois fois par an en ville.

Moi j’y allais tous les samedis et passais mon temps devant les vitrines ou dans les magasins.

On peut limiter grandement ce que l’on fait rentrer dans sa maison sans manquer de rien ?

Incroyable ! C’était donc mon mode et ma vitesse de consommation qui avaient eu un impact direct sur mon habitation.

Elle a aussi, comme elle le faisait souvent, remis en question le travail de la femme.

Travailler à l’extérieur, c’est une belle évolution pour le statut de la femme mais quand allait-elle trouver le temps nécessaire pour accomplir toutes les tâches ménagères inhérentes à la vie dans sa maison ?

Elle me racontait qu’une fois les enfants partis à l’école et Bon-Papa parti au boulot, elle utilisait toute sa journée pour faire ses corvées ménagères histoire d’être fraîche et dispo au retour de chacun en fin de journée.

Et là, je me suis vue coincée chez moi avec un bébé dans les bras et deux petits accrochés à chaque jambe tentant tant bien que mal de lancer une machine, de passer l’aspirateur ou de cuisiner une soupe.

Ne vaudrait-il pas mieux simplifier au maximum la gestion quotidienne d’une maison pour utiliser le temps restant à ce que l’on souhaite vraiment faire de sa vie ?

Je comprenais que mon besoin d’épanouissement professionnel et ensuite cette nécessité financière de travailler à deux avaient profondément changé les règles du jeu et qu’il me fallait tout réécrire.

En sortant de chez elle, j’avais enfilé sa paire de lunettes.

Je voyais la vie autrement, mes besoins venaient de changer et ma vision de la vie aussi.

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